samedi 10 mai 2008

Enfin le retour








Plus que quelques jours avant le grand départ vers la maison. J’ai commencé le processus de retour en complétant mes notes de passation de responsabilité et ma portion de présentation Power Point pour notre meeting à Ottawa. Commence bientôt les procédures administratives de retour d’équipement et de munition. Je ne serai pas fâché de me débarrasser de mes armes et de mes munitions, ceci sera pour le vrai signal de la fin de cette guerre pour moi, mais une partie de l’Afghanistan restera toujours avec moi. Il y a quant même eu de bons moments durant mon séjour comme en témoigne les photos de ce posting. Je devrai faire un petit détour par Chypre avant de rentrer à la maison, histoire de faciliter le retour à la vie normale. Je vais en profiter pour faire un tour au spa afin de me débarrasser de toutes les mauvaises substances qui se sont incrustées dans ma peau. J’ai également l’intention de goûter à la vie méditerranéenne et voir les mosaïques à Paphos.

Les derniers mois m’ont permis de comprendre ce qui compte vraiment dans la vie et ce n’est pas loin de ma famille que je vais le trouver mais plutôt le contraire. Je crois encore que servir son pays est quelque chose d’important, mais il est temps pour moi de commencer à chercher un autre moyen de servir que sous les drapeaux. La dernière année a été très dure pour nous et je ne crois pas que je puisse m’éloigner à nouveau de Sabine et Lilly pour plus que quelques jours.
La prochaine chose qui nous attend à mon retour est le grand déménagement vers l’Outaouais. Et oui nous serons de retour dans la région d’Ottawa dans quelques mois et ce sans trop de regrets. Même si Québec a vue les meilleurs moments de notre vie adulte, elle a aussi été la source de quelques un de nos pires moments. Je ne crois pas que nous regarderons très longtemps derrière nous lorsque nous commencerons notre voyage vers l’ouest. J’espère avoir le courage d’effectuer un sérieux coup de barre du côté professionnel afin d’aider à notre vie familiale.

vendredi 21 mars 2008

Kabul






Il y a eu un petit changement depuis mon dernier blog. J’ai été temporairement assigné à l’ambassade du Canada à Kabul pour quelques semaines en remplacement de l’officier de liaison. Kabul et Kandahar sont le jour et la nuit; ici, les routes ne sont pas l’espace entre deux murs de terre cuite mais des rues pavées suffisamment large pour permettre à trois véhicules d’être cote-à-cote dans la même voie (généralement il y quatre voitures et un camion dans la même direction). Il y beaucoup de vie à Kabul et les gens y semble heureux même ceux qui vivent dans des huttes de terres ou les gardes autour de l’ambassade ou de notre résidence. Avec la voix de l'imam de la mosquée qui se trouve à quelques rues de ma chambre, j'ai finalement le sentiment d'être en Afghanistan et non pas dans une base de l'OTAN particulièrement poussiéreuse. Être à Kabul me donne vraiment l'impression que je suis un invité des Afghans et non pas un autre envahisseur.



La plupart des canadiens travaillant à l’ambassade sont assignés ici pour une période d’un an avec plusieurs périodes de congés. L a vie ici est un peu comme celle d’un campus universitaire avec les classes remplacés par des heures de bureaux. Je peux confirmer que la vie en ambassade implique beaucoup de fonctions officielles et non-officielles, dans l’espace de trois jours; j’ai assisté à un souper de l’association des attachés militaires de Kabul, un BBQ et un souper de départ au resto italien du coin. Comme tout bon restaurant italien la mafia est impliquée sauf qu’ici elle est russe.



Mais tout n’est pas rose ici, Kabul reste quand même dangereuse, les cratères laissés par les voitures piégés et les détecteurs de métal à l’entré des restaurants en sont la trace. Quand je vais de l’ambassade au QG ISAF ou à l’aéroport international de Kabul je suis rappelé des dangers par les postes de contrôle de la police afghane et de tous les périmètres de sécurité et des gardes armés autour des édifices officiels.

Le meilleur moment de mon séjour à Kabul sera sûrement la visite du Général Hillier, il a fait un crochet par ici avant de rejoindre la coupe Stanley à Kandahar. Nous avons tenu bien entendu un souper en sont honneur durant lequel nous avons discuté de la situation précaire des Maple Leafs et comment nous sommes supporté par la population canadienne. Avant qu’il quitte, j’ai eu cinq minutes en privé avec lui durant lequel il m’a remercié pour mes efforts pour protéger la vie des membres de la force à Kandahar et comment mon travail est important. Je ne sais pas combien de mes collègues peuvent dire qu’ils ont reçu une tappe sur l’épaule par le général Hillier. Je crois qu’il est le meilleur ambassadeur que nous n’ayons jamais eu et ce sera une journée sombre pour les Forces Canadiennes lorsqu’il prendra sa retraite.

dimanche 17 février 2008

Une autre étape de franchie

Le temps maussade de janvier est maintenant derrière nous et le soleil semble bien ancré dans le ciel. Les nuits sont toujours froides mais nous nous promenons sans manteaux durant la journée. Sabine me rappelle régulièrement que je suis chanceux de ne pas avoir à pelleter la neige tous les jours pour sortir de la maison.

Le retour prochain des unités au Canada commence à nous affecter de plusieurs façons. Il y a évidemment beaucoup d’amertume sachant que nous sommes ici pour encore trois mois, mais il y a également de la joie car beaucoup de nos amis seront maintenant en sécurité à la maison. J’entends la même chose de Sabine, elle est la seule de son groupe d’amie que son mari ne rentre pas à la maison dans quelques semaines.

Je crois qu’il y avait une bonne raison pour les missions de six mois, nous ne sommes pas fait pour vivre en isolation si longtemps sans impact psychologique. Je commence à penser que la décompression à la fin du tour sera sérieusement requise afin de faire disparaître les marques de notre passage ici. Nos briefings de santé mentale ne seront peut-être pas les mieux adaptés pour nous. Nous avons plus besoin de briefings pour prisonniers de guerre que ceux de combattants, histoire de se débarrasser du sentiment de pénitencier que nous avons.

J’ai encore une fois été rappelé aujourd’hui de comment il peut-être facile d’être affecté par le syndrome post-traumatique. J’ai vu près d’un arbre un contenant en plastique pour l’huile de cuisson comme ceux utilisé par les Talibans pour les bombes artisanales et c’est exactement ce que je voyais. Je sais que cette association est en raison de mon travail ici et au fait que je vois semaine après semaine ces contenants dans les briefings et les rapports d’incidents. J’espère que le temps fera rapidement son oeuvre pour me permettre de ne plus associer ces objets anodins aux bombes artisanales.

samedi 19 janvier 2008

Retour des Vacances






Je suis maintenant de retour à Kandahar après un séjour trop court en Allemagne. Les vacances étaient définitivement requises, j’avais besoin de ce temps de répit avec Sabine et Lilly. C’est incroyable comment Lilly a changé dans si peu de temps, mes derniers souvenirs étaient de la tenir dans mes bras, plutôt un bras, maintenant elle est une masse qui gigote beaucoup et qui me demande au moins deux bras pour être sur qu’elle reste en place. La première vidéo conférence avec Sabine a été difficile, Lilly m’a reconnu aussitôt et a étendu ses bras pour me donner un câlin. Nous avons essayé de profité du maximum du temps que nous avions ensemble comme la famille que nous sommes maintenant. Sabine et moi avons également profité d’un peu de temps à nous deux pour faire certaines de nos activités favorites en Allemagne, nous sommes allés au Caracalla Thermes, à Europa Park et souper à la Fontana. Tout le monde a apprécié ses cadeaux de l’Afghanistan, spécialement Rainer. Nous avons également visité le musée Mercedes à Stuggart. Il y avait pas mal de belle bagnole dont une 300SL décapotable comme Pierre-Elliot Trudeau, sauf rouge. Une Mercedes va éventuellement aboutir dans mon garage, probablement un coupé pour Sabine ou une familiale pour mois. Nous avons également fait sauter des feux d’artifices, pour une fois c’est moi qui lançait les fusées au lieu de les recevoir. Mais la prochaine fois que nous sommes à Oberkirch pour les fêtes je vais m’assurer d’acheter plus de feux d’artifices.

Le voyage n’a pas été aussi éprouvant que je le pensais à part peut-être le vol en Hercules dans lequel je n’ai pas eu besoin de ma ceinture de sécurité, nous étions suffisamment serrés pour servir mutuellement de ceinture. Mon court séjour à Dubai a été pas mal dépaysant. Dubai est la ville de la démesure, un peu le Las Vegas du monde arabe. Comme Las Vegas, on visite Dubai mais on n’y habite pas. Presque tout est neuf et la ville est un chantier de construction permanent, quelqu’un ma dit que 30% des grues tours de la planète se trouvent présentement à Dubai. La seule portion qui n’est pas neuve est probablement le Souk. Dubai a plusieurs Souks, un pour l’or et les bijoux, un pour les parfums et un pour l’électronique. Pour vous donner une idée du Golden Souk, imaginez un quartier dans lequel chaque boutique est une bijouterie. Il y a même dans ce Souk deux centres commerciaux contenant seulement des bijouteries. On y trouve de tout, que ce soit des bijoux traditionnels arabes ou les derniers designs européens. Dubai est vraiment au confluent des deux cultures, les occidentaux et les locaux cohabitent sans qu’il semble avoir de choc de culture. On dirait les accommodements raisonnables à l’envers. Il y a également beaucoup de locaux qui portent des vêtements occidentaux, homme et femme. Sur le même trottoir on peut voir une femme couverte complètement avec seulement les yeux visible à coté d’une autre femme portant un pantalon. Dans ce sens les Émirats sont peut-être l’exemple que l’occident et le monde arabe devrait suivre à part pour les châtiments corporels pour la conduite en état d’ébriété… en fin de compte cela aussi est peut-être une bonne idée.