samedi 8 décembre 2007

Maintenant l'automne


Le mois de décembre est maintenant arrivé et nous pouvons sentir l’hiver dans l’air. Les matins sont de plus en plus frais; je ne crois pas que je puisse utiliser l’adjectif froid encore. J’ai cessé de porter des bermudas le soir et je porte des gants le matin.





Les pluies ont également commencé, j’espère ne pas être ici durant le plus fort histoire de ne pas être dans la boue jusqu’aux genoux. À certains moments je me crois dans une version sablonneuse de l’Allemagne avec tous les véhicules portant des plaques allemandes

J’ai également commencé à refléter sur tous les événements de la dernière année. 2007 fût une année marquante, non seulement en raison de mon déploiement mais surtout en raison de la naissance de Lilly. Ces deux événements m’ont fait remettre en question mes priorités, beaucoup de choses que je pensais importantes commencent à passer à l’arrière plan. Mon avancement et la grande aventure deviennent très secondaire au temps passé avec Sabine et Lilly.

J’attends avec impatience mes vacances qui me donneront une chance de me ressourcer après quatre mois sur la planète Kandahar Airfield. Le manque de couleur et l’atmosphère de pénitencier commencent sérieusement à m’affecter à un point ou j’ai parfois l’impression de faire partie d’une expérience de privation sensorielle. Mes priorités de vacances sont dans l’ordre revoir Sabine et Lilly, le silence, ma propre salle de bain, la bonne bouffe et boire un verre de bon vin et utiliser de vrais ustensiles.

dimanche 11 novembre 2007

Du nouveau sous le soleil

Je commence à comprendre Enstein lorsqu’il disait que le temps est relatif. J’ai découvert que temps défile plus lentement ici que ailleurs. Ceci vient probablement que nous travaillons tous les jours et que tous les jours se ressemblent. Certains ici appellent ce phénomène le Jour de la Marmotte en l’honneur du film avec Bill Murray. Nous nous réveillons tous les matins au son de la même chanson, sauf qu’ici c’est le son d’un avion de chasse au décollage. D’un autre point de vue le temps devrait passer plus vite car il n’y a que trois jours dans la semaine, mardi, mercredi et jeudi. Pourquoi ces trois jours, ce sont les trois jours de la semaine ou normalement on a travaillé la veille et on travail le lendemain. Ceci n’est pas pour dire qu’il ne se passe jamais rien ici, mais plutôt que comme dans toutes les guerres avant celle-ci, de longs moments d’ennui total sont entrecoupés de très court moment de terreur absolu qui ne sont pas approprié pour ce forum.






Un des autres trucs intéressants ici ce sont les manques. Il y a les plus évidents, tout le monde manque sa famille. Ce sont les plus subtils qui sont les plus intéressants. Même avec le PX américain, je ne semble jamais en mesure de trouver ce que je cherche. Les plus amusants et frustrant en même temps sont les pénuries alimentaires. Il semble qu'il manque toujours un ingrédient ou un plat dans les cuisines ou restaurants de la base. La plus amusante est celle qui concerne les beignes blancs du Tim's. La pénurie est suffisamment importante pour la création d'une cellule de crise au QG car cette pénurie pourrait être utilisé comme indicateur pour les Talibans:)




Dans les dernières semaines, j’ai vu quelque chose que je n’aie pas vue depuis des mois; des nuages. Pas seulement un petit nuage de rien du tout mais un ciel nuageux toute la journée. C’était la première fois que le rapport météo du briefing ops du matin changeait. Nous attendons encore les premières pluies hivernales, avec un peu de chance nous ne retrouverons pas les pieds dans l’eau car le sol est tellement dur que la pluie ne pénètre pas mais ne fait que s’écouler.




Aujourd’hui nous avons eu la parade du Souvenir. C’était un peu étrange et plaisant de tenir la parade au soleil au lieu de la pluie, de la neige ou du grésil. Je crois que le plus plaisant était de ne pas avoir les pieds détrempés et gelés parce que j’avais les pieds dans la ‘slush’ pendant une heure. Les parades du Souvenir prennent maintenant une nouvelle signification; elles étaient toujours importantes mais à mon retour je serai officiellement un vétéran. Même si je suis un vétéran, je ne crois pas être l’égal de mes prédécesseurs des Guerres Mondiales.

mercredi 17 octobre 2007

Tranche de vie à Kandahar

Les jours se suivent et se ressemblent à la différence qu’ils raccourcissent et que les nuits sont suffisamment froides pour que nous passions de l’air climatisé au chauffage. Les journées sont encore passablement confortables avec le mercure autour de 28c et je n’ai toujours pas vue un nuage depuis mon arrivée.

Comme au Canada, la saison de hockey est commencée et les blessures aussi. Je me suis retrouvé à l’hôpital à la suite d’une mise au jeu lors d’une partie au concours contre le dit hôpital. Après avoir passé un peu plus d’une heure à attendre (il y avait un truc majeur qui a pris le temps d’un paquet de gens) j’ai vue le médecin qui m’a fait 5 points de suture sur la lèvre supérieure. Il ne devrait pas rester de trace, mais cela m’a permis de me promener avec la barbe pour une semaine.


Dans ma grande aventure culinaire, j'ai fait la découverte d'une boisson particulièrement intéressante. Le Rani Floats est une boisson à base de jus de fruit (orange, pêche et ananas) qui contient de vrai morceaux de fruits à l'intérieur. C'est un peu surprenant au début mais on s'habitue rapidement spécialement si on considère qu'il est parfois difficile de consommer ses portions de fruit et légumes.
J'ai également fait une découverte intéressante hier, un reportage à propos d'un gros accident sur l'autoroute 15 à
Laval passait à la télé et on parlait de l'arrivée des pompiers et des ambulances. Ce que je m'attendais de voir était l'arrivée de la force de réaction rapide accompagné de l'équipe de déminage. Je crois que je vais devoir être légèrement déprogrammé à mon retour après tout.

jeudi 27 septembre 2007

La vie à Kandahar






Cela fait maintenant un mois que je suis ici et je suis pas mal acclimaté à mon nouvel environnement. L’automne est vraiment arrivé, la température est maintenant sous les 40C le jour et je dois porter des manches longues le soir. Je suis encore surpris par la blancheur et la finesse du sable. On a souvent l’impression que les objets et les bâtiments sont pâle, non ils sont seulement poussiéreux, comme mes bottes le sont tous les jours. Les derniers jours n’ont pas été aussi ensoleillés en raison du sable qui restait suspendu dans l’air.





Un des éléments les plus déplaisants de la base est les bassins d’eaux usées. Ici j’utilise le terme eau dans son sens le plus large considérant la couleur brune et l’odeur qui se dégage des bassins. Normalement le jour il n’y a pas de problème sauf si on va au champ de tir ou que l’on va courir sur la route adjacente. Par contre tous les soirs, le vent change et l’odeur fétide se répand sur toute la base; il est donc préférable de rester à l’intérieur entre 19h30 et 21h00.
La routine commence également à s’établir avec les différents meetings au cours de la semaine entrecoupé par du temps passé au gym américain et des différentes crises. Il y a des moments ou seul le son des avions et des hélicoptères me rappelle où je me trouve car les problèmes sembles les mêmes auxquels j’ai fait face en préparation pour la mission.





Il est presqu’impossible de ne pas manger de fast food ici, spécialement avec la cuisine américaine en face du bureau. Cette dernière fermera à la fin du mois lorsque la cuisine Supreme ouvrira. Normalement la nourriture des autres cuisines est bonne, mais malheureusement pas très varié; à l’exception de la cuisine dans le secteur britannique. Cette dernière est la seule à servir de la cuisine indienne. Jusqu’à présent cela a toujours été du cari, ce qui fait notre affaire. Nous y allons au moins deux fois par semaine, histoire de ne pas garder nos papilles gustatives en otage.




Un des autres moyens de décrocher du travail est le Bazar du samedi, on y trouve presque de tout. Une fois passé les marchant de DVD pirate et de fausses Rolex, je sait que je me trouve sur une des plus vieilles routes commerciales de la planète. Le Bazar me donne l’impression d’être sur la route de la soie avec les marchands de tapis, de foulards en cashmere ou d’écharpes en soie et des vendeurs de reproduction d’objets du 19e siècle. J’ai bien entendu fait l’acquisition d’un tapis; un très beau Turkmen en laine d’agneau.








Tous les jours je prends le temps de penser à ma petite famille, toutes les photos que j’ai avec moi qui sont stratégiquement placé un peu partout me garantissent qu’elles seront toutes deux avec moi partout où je serai. Je ne peu décrire à quel point elles me manquent. J’espère que nous compléterons le travail que nous avons à faire et pourrons rentrer à la maison. Je me demande presque tous les jours si mes prédécesseurs des guerres en Europe et en Corée ont vécu les mêmes émotions, s’ils ont du voir le pays se déchirer quand ils savaient que la cause qu’ils servaient était juste et noble…

samedi 15 septembre 2007

Fini les pratiques

Eh oui voila maintenant deux semaines que je suis arrivé ici et je commence à m'habituer à mon environnement. Il est parfois difficile pour moi de réaliser que je me trouve au milieu de la guerre qui va définir non seulement ma génération mais également la suivante si nous échouons dans la reconstruction de l'Afghanistan.

Un événement mercredi m'a rappelé que nous sommes en guerre. J'ai participé à ma première "Ramp Ceremony" pour des soldats britanniques. Lorsque nous nous sommes réuni l'atmosphère était plutôt relax alors que nous échangions des plaisanteries sans lien avec où nous étions. Lorsque nous nous sommes dirigé vers l'avion c'était comme une autre parade, tout a changé lorsque le padré présidant la cérémonie a nommé les quatre soldats pour qui la cérémonie avait lieu. J'ai senti un pincement même si je ne les ai jamais rencontré, spécialement lorsque les cercueils drapé de l'Union Jack sont passé devant moi. J'espère que cela sera la première et dernière cérémonie à la quelle j'assisterai, même si je ne crois pas cela possible.

Les multiples briefing d'opérations et le port de mon pistolet presque partout où je vais tendent à me ramener à la réalité, même si parfois j'ai l'impression d'être dans un camp de vacances (plus à ce sujet dans un autre blog). Beaucoup d'autres choses tendent à nous faire croire que nous sommes encore au Canada, les enfantillages à propos des lunettes fumées, des manches de chemises de combat ou encore de la longueur des favoris. Hier nous avons eu notre BBQ pour le quartier général avec un DJ et un mini plancher de danse. Tout était bien mais après un certain temps, c'est devenu un peu trop sur réel pour moi. Je n'ai pas besoin d'une disco lorsque je sait que beaucoup d'autres vivent dans des positions avancés sans tous le luxe dont nous bénéficions. J'ai de la difficulté à accepté que des gens qui ne sont pas prêt à partager les risques que les autres acceptent puissent s'amuser comme s'ils étaient dans un club de la Grande Allée.

mercredi 5 septembre 2007

Enfin à Kandahar

Je suis finalement arrivé à Kandahar, mais il faut dire que cela ne fut pas de tout repos. Le départ de Québec a été particulièrement éprouvant pour tous, j'ai eu beaucoup de difficulté à garder mes larmes à la maison. Étant donné que nous étions le dernier vol à quitter et aussi en raison des deux morts de la semaine précédente, il y avait un nombre important de journaliste. Nous n'avons pas été épargné, j'ai fait du mieux que je pouvait, mais j'ai été incapable de cacher mes sentiments face au départ.



Le départ a eu lieu tard dans la soirée après les discours usuels de ministres et généraux. L'âge de l'appareil qui nous a transporté à Mirage m'a rappellé la nature du processus de contrat du gouvernement. Je n'aurais jamais pensé faisable de me rendre à la guerre dans un avion plus vieux que moi (je ne compte pas les Hercules). Le voyage a été particulièrement long mais rendu un peu plus tolérable par le fait que j'avais une rangée de siège juste pour moi.



L'atterissage au camp Mirage a été plutôt brutale non pas par un mauvais atterissage, mais par le choc climatique. Je n'aurais jamais cru qu'il pouvait si chaud si tard dans la nuit. Après avoir bu 3 litres d'eau et pris nos armes et munitions le dernier leg pouvait commencé.



Nous sommes arrivé à Kandahar à 6h00 jeudi matin après avoir quitté Québec à 11h00 mardi soir. Après les procédures d'arrivée, j'ai pris possession de ma chambre et dormi quelques heures avant de me rendre au quartier-maitre pour recevoir plus de matériel. J'ai passé le reste de la semaine à m'orienté sur la base avant de vraiment commencé à travaillé lundi toujours sous le choc du décalage horaire.

J'ai recommencé à faire du sport en commençant avec une partie de hockey dimanche soir qui fût particulièrement éprouvante. J'ai dû attendre jusqu'à jeudi pour aller courir un petit 25 minutes et demain je vais aller au gym canadien histoire de me donner un peu de tonus;) Je suis également dans une des équipes de hockey de notre super ligue, je ne penses pas que nous allons gagner la coupe Stanley mais considérant les autres membres de l'équipe nous devrions nous amuser.

mardi 26 juin 2007

Enfin les vacances!!

Tout l'entraînement est complété et je peux maintenant commencé mes vacances. J'ai l'impression d'être de retour à la petite école avec des vacances de près de deux mois! Il ne faisait aucun sense de ne pas utiliser tous mes jours de vacances au lieu de passer mes journées au bureau à jouer au solitaire en raison de l'absence de travail. Ceci me donne amplement le temps d'effectuer certains préparatifs pour la maison en plus de me faciliter l'achat de quelques surprises pour Sabine.




Nous avons eu la parade vendredi dernier durant laquelle j'ai servi d'escorte au chef de l'opposition, Stéphane Dion. La plus grande impression qu'il m'a donné ... c'est d'être grand. J'aurais préféré participer au défilé même avec mes douloureuses bottes "Tan". Nous aurions également été en mesure de nous passer de la plupart des discours à l'exception de celui de la mairesse Boucher qui fut éloquent. Elle a vraiment mérité son ovation et je crois que je préférerais être visité par elle à Kandahar que par le ministre. Ce serait comme la visite de sa "matante" un peu excentrique que l'on adorait lorsque l'on était jeune.
Je n'aurais jamais pensé que nous étions si apprécié par la population que vendredi dernier. Même si les gens ne sont pas toujours en accord avec notre rôle présent, ils ont applaudi et nous ont remercié le long de la route de la parade. Ce sont ces applaudissements et remerciements qui nous touchent le plus et non pas ceux des politiciens dans leurs discours. Il n'y a rien de mieux pour le moral d'un soldat que de savoir que ceux qu'il protège apprécient ce que nous faisons, même lorsque cela implique l'utilisation de la violence.

vendredi 15 juin 2007

Presque Prêt

L'entraînement est terminé, l'équipement a été reçu et les baggages sont en route. Il ne me reste qu'un meeting à Ottawa la semaine prochaine et une parade dans les rues de Québec (à moins que les casseurs attendus ne se présentent pas) avant que je commence mes vacances avant le déploiement.

Mes collègues et moi avons tous des sentiments embivallent. Nous sommes impatient de quitter afin d'accomplir notre mission mais sommes anxieux quant à laisser nos familles ici. Je suis un peu réconforté par le fait que ne serai pas seul à laisser un nouvel ajout à ma famille. Les neuf prochains mois seront les plus difficiles de notre vie et j'espère que je n'aurai pas à refaire cette expérience avant plusieurs années.

Avec l'arrivée prochaine du bébé, il nous sera difficile de voyager pour aller voir toute ma famille et mes amis qui ne sont pas dans la région. J'espère donc que plusieurs d'entre vous prendrons le temps cet été pour faire un détour par Québec pour venir nous voir. Je promet d'inclure des photos lorsque je serai en place.