Le temps maussade de janvier est maintenant derrière nous et le soleil semble bien ancré dans le ciel. Les nuits sont toujours froides mais nous nous promenons sans manteaux durant la journée. Sabine me rappelle régulièrement que je suis chanceux de ne pas avoir à pelleter la neige tous les jours pour sortir de la maison.
Le retour prochain des unités au Canada commence à nous affecter de plusieurs façons. Il y a évidemment beaucoup d’amertume sachant que nous sommes ici pour encore trois mois, mais il y a également de la joie car beaucoup de nos amis seront maintenant en sécurité à la maison. J’entends la même chose de Sabine, elle est la seule de son groupe d’amie que son mari ne rentre pas à la maison dans quelques semaines.
Je crois qu’il y avait une bonne raison pour les missions de six mois, nous ne sommes pas fait pour vivre en isolation si longtemps sans impact psychologique. Je commence à penser que la décompression à la fin du tour sera sérieusement requise afin de faire disparaître les marques de notre passage ici. Nos briefings de santé mentale ne seront peut-être pas les mieux adaptés pour nous. Nous avons plus besoin de briefings pour prisonniers de guerre que ceux de combattants, histoire de se débarrasser du sentiment de pénitencier que nous avons.
J’ai encore une fois été rappelé aujourd’hui de comment il peut-être facile d’être affecté par le syndrome post-traumatique. J’ai vu près d’un arbre un contenant en plastique pour l’huile de cuisson comme ceux utilisé par les Talibans pour les bombes artisanales et c’est exactement ce que je voyais. Je sais que cette association est en raison de mon travail ici et au fait que je vois semaine après semaine ces contenants dans les briefings et les rapports d’incidents. J’espère que le temps fera rapidement son oeuvre pour me permettre de ne plus associer ces objets anodins aux bombes artisanales.
dimanche 17 février 2008
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